Sport, société et cultures urbaines

La pratique sportive est un levier important en termes d’éducation et d’inclusion sociale. Depuis l’olympisme moderne initié par Pierre de Coubertin en 1896, elle véhicule également des valeurs humanistes comme la tolérance (et donc le rejet de toute forme de discrimination), l’esprit d’équipe et la solidarité.

Ces valeurs sont indissociables du rôle social et éducatif du sport, et doivent ancrer d’avantage leur présence dans le sport en club et dans les pratiques libres (NB : sans adhésion à une structure sportive). Si le sport en club, d’avantage médiatisé, est particulièrement réglementé par ses instances en termes d’organisation et d’équipements (gymnases et stades), a contrario, les pratiques libres se distinguent justement par l’absence, certes, de toute réglementation institutionnelle mais pas pour autant de règles appliquées et transmises par les pratiquants eux-mêmes. En termes d’équipements, c’est naturellement l’espace public qui est privilégié : voirie, trottoirs, pistes cyclables, espaces verts et terrains de proximité. Les pratiques libres (appelées également sports urbains) ont justement connu un développement considérable ces dernières années avec des disciplines comme le street workout , le skate, le street basket, le street football, etc.
Mais elles doivent faire face aujourd’hui à plusieurs problématiques : la juste répartition de l’occupation des équipements dédiés par tous les publics, la progression dans la discipline sans l’apport d’un entraineur, ou encore la qualité des espaces mis à disposition.

LES ENGAGEMENTS

1 • Créer au sein de l’OMEPS un « observatoire des pratiques » pour les répertorier, identifier les lieux utilisés, appréhender les nouvelles tendances et les besoins qu’elles génèrent. Solliciter l’expertise d’associations locales pour anticiper les besoins de pratiques nécessitant un encadrement et un équipement spécifique (parkour, échasses urbaines) ;

2 • Saisir l’opportunité de ces pratiques pout recréer des liens avec les jeunes habitants des différents quartiers (animations, rencontres) ;

3 • Afin de créer des liens entre sport encadré et pratique libre, organiser des rencontres entre joueurs pratiquant la même discipline comme le foot ou le basket, mais aussi d’autres activités comme les sports de glisse skate/roller/trottinettes et BMX. Engager la même dynamique autour de la pratique plus accessible à tous comme la pétanque, le molki , le cube, etc.;

4 • Créer ou utiliser des évènements sportifs ouverts à toutes et à tous, sportifs inscrits en clubs ou pratiquants libre, de tous âges pour rassembler le monde sportif dans sa diversité et promouvoir les bienfaits et valeurs de la pratique sportive ;

5 • Inciter les collectivités (communes et territoire) à favoriser la création d’équipements sportifs qui ne soient pas dédiés à une seule discipline, à l’instar du parc d’activités Paul-Vaillant-Couturier rassemblant un skate park, un terrain de foot/basket, un boulodrome et un espace pour les familles. Cet équipement favorise la diversité des usages et la mixité des pratiquants ;

6 • Réaliser un document cartographique indiquant les équipements sportifs, les lieux de pratique libres et les réseaux de déplacements doux entre ces derniers et le réseau de transports en commun (SNCF et RER, bus et tramway).

TÉMOIGNAGE

LYDIA MARTINS VIANA
Coprésidente FSGT

«Création collective, instinctive, continue, dynamique grandiose de l’imaginaire, le sport traverse avec assurance l’histoire des peuples et n’a pas été inventé, au cours des âges, sur décision des princes, ou recommandation des philosophes. Il est vivant, populaire, spontané. Il est émotion, il est passion».Cette citation de Bernard Jeu – qui fut dirigeant sportif et philosophe – résume à merveille la pratique sportive : profondément culturelle car enracinée dans une longue histoire humaine et sociale ; vivante car en perpétuel mouvement. Les clubs sportifs sont essentiels à la vie de la cité car ils sont autant d’espaces de citoyenneté et de fraternité. Toutefois, les pratiques urbaines invitent à encourager d’autres formes de vie associative, plus souples, moins contraignantes mais tout autant exigeantes sur le plan des contenus, de la progression et de la participation de toutes et tous. L’idée d’organiser des rencontres sportives et festives entre l’ensemble des pratiquant-es est à encourager, tout comme la conception d’équipements multiactivité qui correspondent bien plus désormais aux besoins de la population.